Les bonbons, facteur de délinquance ?

Une curieuse étude – la première du genre – est parue récemment dans le très sérieux British Journal of Psychiatry. Elle relate la recherche menée par une équipe de chercheurs de l’université de Cardiff sur 17 415 Britanniques nés en 1970.

L’objectif : chercher un éventuel lien de cause à effet entre la consommation régulière de sucreries durant l’enfance et les actes de violence commis à l’âge adulte.

Le résultat est probant : les anciens consommateurs réguliers de bonbons ont un taux de condamnation pour violence nettement plus élevé que les croqueurs occasionnels. Étonnant, non ?

Bien sûr, le taux de sucre dans le sang n’est pas directement un facteur de délinquance. Tout au plus les bonbons relèvent-ils du symptôme symbolique. En réalité, c’est une carence éducative qui est ainsi pointée du doigt.

Et non des moindres : celle de l’apprentissage de la frustration, et donc du contrôle de ses impulsions, de la capacité à différer ses désirs. « Notre meilleure explication est que donner aux enfants des sucreries et des chocolats régulièrement pourrait les empêcher d’apprendre à patienter avant d’obtenir ce qu’ils veulent » et les pousser « à un comportement impulsif, étroitement associé à la délinquance », selon Simon Moore, responsable de l’équipe scientifique.

Il ne s’agit donc pas -ouf ! – de priver les enfants de sucreries occasionnelles, mais bien plutôt d’éviter de satisfaire aux moindres de leurs désirs…

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