Les repas ? Bonjour l’ambiance…

Au rythme des “j’en veux pas“, “berk ! c’est pas bon !“, on s’inquiète, on stresse, le papa s’énerve… Et quand on parvient à lui enfourner un petit morceau de viande, il mastique interminablement sans se décider à l’avaler (normal : ça le dégoûte et, en plus, c’est dur pour ses petites dents !). On crie, on menace, on punit, rien y fait ! La galère… “Notre énervement est proportionnel à notre inquiétude, elle même nourrie de notre propre histoire alimentaire quand on a appris, par exemple, que ce n’est “pas bien“ de jeter, de ne pas finir son assiette…“, note Anne Bacus.

Qu’est-ce qu’on fait ?

• on met fin l’engrenage : plus on se focalise sur son comportement, plus l’enfant résiste et se braque. Ou bien, il obtempère sous la contrainte et mange entre deux sanglots désespérés… ce qui a pour fâcheuse conséquence d’associer dans son esprit nourriture et conflit… Or, comme le rappelle Anne Bacus : “On ne peut pas apprendre à bien manger sans y avoir de plaisir.“
• on cultive ce plaisir, justement: on prend le temps de manger ensemble (télé éteinte), dans de jolies assiettes, on bavarde, on échange… et l’on patiente !
• on évite tout ce qui nous rapproche du conflit : menaces, punitions, chantage… Le priver de dessert ne sert à rien, au contraire : changer de plat peut relancer l’appétit ; et aussi, bien sûr, toute forme excessive de grignotage entre les repas.

Il a tout le temps faim, j’ai peur qu’il devienne gros

Les variations de l’appétit sont grandes mais pour autant “il ne faut pas penser que qu’un enfant petit mangeur est forcément petit, ni qu’un gros mangeur est forcément gros. Certains enfants se dépensent tout simplement beaucoup plus que d’autres et/ou ont une forte musculature, d’où des besoins énergétiques plus importants. Il n’y a pas de boulimie chez les jeunes enfants“, rassure Nathalie Rigal. Plus embêtante est la “gloutonnerie“ dont font preuve certains petits, et ce dès la naissance quand ils avalaient leur bib’ en 3 minutes chrono. Or, manger trop vite conduit à manger trop, l’estomac n’ayant pas le temps d’informer le cerveau qu’il est arrivé à saturation.

Que faire ?

• essayer de le ralentir en lui servant des portions plus petites, en l’encourageant à prendre son temps et en lui montrant l’exemple.
• ne jamais lui parler de son poids, c’est non seulement inutile, mais super culpabilisant.

Il déteste le lendemain ce qu’il a aimé la veille

Souvent l’enfant varie dans son appétit, bien fou est qui s’y fie ! De quoi en perdre son latin culinaire quand cette purée-maison qu’il avait adorée un jour suscite à présent une grimace de dégoût ! N’y aurait-il pas là une petite pointe d’opposition à notre égard ? Si, bien sûr, mais pas seulement : “Par rapport à la nourriture, les jeunes enfants sont guidés par l’aspect sensoriel des aliments, et leurs envies varient en fonction de leur état interne. Par exemple, si l’enfant a été malade après avoir mangé des carottes, même si celles-ci ne sont pas en cause et qu’il les adorait auparavant, il refusera ensuite d’en manger.“

Qu’est-ce qu’on fait ?

• même attitude que pour les légumes : on insiste pas, et l’on attend quelques semaines avant de lui représenter le plat sans en modifier l’aspect : un brin de persil sur sa purée, et c’est l’échec assuré !

• c’est le lait qu’il n’aime plus ? Sans doute s’agit-il alors d’une intolérance au lactose qui s’installe en grandissant. Pas de remède miracle, on conseille généralement de diminuer les quantités de lait et de compenser avec les yaourts, les fromages, les gratins…, moins riches en lactose. Mais le plus sage est avant tout d’en parler avec le pédiatre.

pour aller plus loin

• “Le livre de bord de votre enfant de 1 an à 3 ans“, Anne Bacus (Marabout)
• “La naissance du goût“, Nathalie Rigal